s'abonner« En 1979, on apprit de la bouche même de 2 savants soviétiques en astronautique qu’un vaisseau venu d’un autre monde était en panne dans l’espace circumterrestre depuis 1955 ! »
C’est la question qu’Armand Laprade, éditeur d’un petit fanzine ufologico-conspirationniste dans les années 1980, se pose dans son numéro de « Would You Believe ? » (« Le croiriez-vous ? ») de l’hiver 1985. « Un lancement de satellite en 1947 n’est pas incroyable, ni impossible pour les Etats-Unis puisqu’ils l’ont fait ! », écrivait-il. Le seul élément apporté pour étayer ces dires était une photo soi-disant datant de cette époque, montrant un drôle d’objet avec des antennes tenu par 2 hommes. Laprade avait reçu cette photo datée à la main dans les années 1960 d’une expéditrice qu’il avait réinterrogée en 1985 afin d’obtenir quelques détails sur ce document : en vain, elle ne se souvenait plus exactement comment celui-ci lui était arrivé entre ses mains !
Satellite artificiel récupéré en 1947… ou bien autre chose ? (collection M. Granger).
Malgré cette patente incertitude, A. Laprade s’interrogeait pour savoir si l’activité ufologique de 1947 était en rapport avec cet objet récupéré. Et de se demander si un tel retour d’un satellite US « n’était pas la raison pour laquelle le Ministère de la Défense américain avait interdit - par écrit - au Général James M. Gavin de lancer un satellite en 1956 », ce qui aurait permis à l’Amérique de précéder les Soviétiques dans l’espace ! En effet en 1966, le dit Général Gavin, anciennement à la tête des programmes de recherche et développement de l’armée US et alors à la retraite, avait reconnu (The Evening Gazette de Worcester du 2 décembre) « avoir reçu un ordre interdisant le lancement d’un satellite plus d’un an avant le succès des Russes ». La raison officielle de ce veto à une opération jugée techniquement possible était, certes, géostratégique mais surtout due à l’ignorance de « ce dont les Soviétiques étaient capables » (sic).
OVNI ou satellite artificiel ?
Le premier qui parla de satellites ‘pré-Spoutnik’ est l’écrivain américain Otto Binder (1911-1974) ; il utilisa comme argument initial une observation versée au Projet Blue Book et connue comme l’observation du capitaine de frégate McLaughlin. Celle-ci fit l’objet d’un article de plus de 3 pages avec schéma dans la revue ‘True’ de mars 1950.
Le 24 avril 1949, Robert B. McLaughlin et son équipe (ils travaillaient au développement d’engins téléguidés de la Marine au terrain d’essais de White Sands) s’apprêtaient à lancer un ballon-sonde du type ‘Skyhook’ de 30 m de diamètre. Il était 10 h 30 du matin, et un ballon plus petit était déjà parti… quand un OVNI fit son apparition par la gauche. L’instrument optique fut aussitôt pointé vers l’objet volant qui se révéla elliptique, d’une couleur blanc argenté. Pendant 60 secondes, l’objet fut suivi dans son déplacement vers l’est, ce qui permit de déterminer son altitude (100 Km environ) et sa vitesse (28 000 Km/h), ce qui selon O. Binder constituaient des caractéristiques ‘orbitales’* pouvant laisser supposer que déjà, en 1949, un satellite artificiel de la Terre était en place. Le rapport de McLaughlin fait état d’angle d’élévation variable et d’une disparition en « chandelle » difficile à mettre sur le compte d’un satellite non-autopropulsé. La dimension estimée était de 30 mètres de long et 12 de large. Un second objet du même type aurait été repéré sur un écran radar à la même altitude en 1951, selon le capitaine Edward J. Ruppelt, s’exprimant lui aussi dans ‘True’ après sa mise à la retraite de Blue Book et de l’U.S Air Force.
Coup de balai dans le ciel
C’est en 1923 que l’astronome néo-zélandais, le Dr W. H. Pickering (1910-2004), attira l’attention sur l’éventualité de petits satellites naturels de la Terre.
En 1953, le célèbre astronome américain Clyde W. Tombaugh (1907-1997), découvreur de la planète Pluton**, fut chargé semi-officiellement de chercher à les détecter en orbites géocentriques ; les Américains, à l’époque, envisageaient sérieusement de les utiliser comme plates-formes pour leur futur programme spatial.
Une centaine de ces ‘satellites’ furent repérés photographiquement du fait de leur luminance sur 13450 clichés. À la fin de 1955 et jusqu’à 1958, un programme d’observation visuelle d’objets proches à très basse altitude fut aussi initié. Le projet ‘Skysweep’ conduisit au repérage rapide, grâce à un télescope superpuissant nouvellement construit, de 2 objets inconnus, mais ces derniers ne furent jamais au catalogue des corps célestes pour la simple raison qu’ils… s’évanouirent dans l’espace. D’autres astronomes, tout aussi bien équipés, furent incapables de confirmer leur présence après la fin du projet. Or, a-t-on jamais vu un satellite naturel quitter sa position dans le ciel ? Un an plus tard, le Dr Lincoln La Paz (1897-1985) annonçait à son tour avoir localisé, au moyen des radars longue distance de l’Air Force, 2 objets tournant respectivement à 960 et 640 Km autour de notre globe. Il ne pouvait s’agir des mêmes, les coordonnées ne correspondant absolument pas. À moins qu’ils aient… changé d’orbite ? Toujours est-il que le 24 mai 1954, l’armée américaine, dans un communiqué sibyllin, évoquait le travail « d’astronomes appointés par le Pentagone à la recherche de 2 satellites artificiels de la Terre ». On était, rappelons-le, trois ans avant Spoutnik 1 !