Sauver la terre : tous les moyens sont bons ?
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Opération fertilisation



Les océans absorbent chaque année 18 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. Les géo-ingénieurs ont donc pensé augmenter leur capacité d’absorption en dopant le phytoplancton ou en immergeant directement le CO2.
James Lovelock et Chris Rapley proposent d’installer des milliers de tubes verticaux de 100 à 200 mètre de long et de 10 mètres de diamètre dans les océans afin de mélanger les eaux profondes et les eaux de surface grâce aux mouvements de la houle. Ces ondulations permettraient de faire remonter les nutriments à la surface pour nourrir plus abondamment le plancton. Ce dernier capterait alors plus de CO2. Ce projet pose des problèmes logistiques (fabrication et immersion de milliers de tubes dans tous les océans) et pratiques (la navigation serait plus compliquée). De plus, cette solution pourrait engendrer un autre problème en modifiant l’acidification des océans ce qui aurait un impact sur la faune et la flore aquatiques.
Un autre projet s’intéresse lui au phytoplancton et plus particulièrement à son activité photosynthétique qui piège un tiers du carbone absorbé par l’océan. Les océanographes ont noté, depuis de nombreuses années, une baisse du plancton dans certains océans du globe. Après étude, il s’est avéré que certaines zones du globe étaient anémiées. Dès les années 80, des tests sont menés et du fer est jeté à la mer pour stimuler la photosynthèse du plancton. Et les résultats sont à chaque fois concluant : la population est multipliée par 30 ou 40. De nombreuses campagnes sont alors menées pour fertiliser les océans grâce à de la poudre de fer mais la solution ne résout pas toujours le problème : le plancton et les micro algues ont une durée de vie limitée et finissent par mourir. Ces micro-organismes ont certes piégé du dioxyde de carbone mais ils le rejettent lors de leur décomposition à la surface. Car seule une petite partie d’entre eux coulent et contribuent à former une couche sédimentaire, emprisonnant définitivement le CO2. Les résultats des précédentes études n’ont pas été concluants, la dépense de dioxyde de carbone et d’énergie fossile pour transporter le fer est de loin supérieure à la quantité de gaz piégé. De plus la dispersion de fer dans les océans peut avoir des effets secondaires importants sur l’environnement. Des études doivent être menées en ce sens.

La Géo-ingénierie, est une science qui étudie l’ensemble des possibilités techniques pour contrôler (ou tenter de le faire) les phénomènes naturels, notamment les déréglements climatiques. Scientifiques et ingénieurs ne manquent pas d’idées pour réduire les gaz à effets de serre. Certains projets sont dignes des meilleurs films de science-fiction…