s'abonnerDe tous temps, les hommes cherchèrent à s’établir près d’un point d’eau, et nombre de villes naquirent de cette nécessité, comme l’attestent les villages lacustres retrouvés au cours de fouilles archéologiques. Pourtant, les lacs et les cours d’eau ne stockent qu’environ 0.3 % de l’eau douce de la planète. De nos jours, 40 % de la population de la planète occupe les 250 bassins du globe qui enjambent les frontières sans se soucier des Etats. L’eau fut le vecteur de grandes migrations de peuples. La disparition de la mer intérieure de la Caspienne condamna les tribus à migrer pour devenir les Carnutes de la Beauce. Des sourciers accompagnèrent les légions romaines en Gaule et en Germanie. Les Vikings tirèrent profit des voies d’eau pour remonter les fleuves grâce à leurs embarcations légères, les portant lorsque la profondeur devenait insuffisante. Des sanctuaires furent édifiés près de rivières ou de fontaines : les Sources de la Seine en Bourgogne ont permis d’exhumer de curieux ex-voto de bois, grandeur nature, représentant les maux divers dont souffrait la population, et que ces eaux étaient censées guérir. Les moines défricheurs et bâtisseurs aménagèrent nombre de cours d’eau et de marais ; nous bénéficions toujours de leurs ouvrages. Les crues faisaient l’objet de prédictions, et certaines conditionnaient la survie d’un pays, comme en Egypte. Léonard de Vinci travailla à domestiquer l’eau et inventa le système des écluses afin que les bateaux puissent franchir des dénivelés. Femmes et enfants furent chargés des corvées d’eau avant que le porteur d’eau ne soit officiellement reconnu. Moyen de transport, l’eau achemina depuis les carrières les lourdes pierres destinées à édifier les châteaux de la Loire et le système du flottage du bois ravitailla Paris en bois de chauffage du Morvan.