s'abonnerSi le débat n’a pas pris encore pris en Europe, les conversations sur la religiosité en fonction du patrimoine génétique fait rage aux Etats-Unis, surtout depuis la sortie du livre en septembre 2004 du généticien Dean Hammer : « The God Gene, how faith is hardwired into our genes », ou le « Gène de Dieu, comment la foi est programmée dans nos gènes ». Preuve de l’importance du sujet développé par ce chercheur spécialiste de la polémique (il avait déjà proclamé en 1993 avoir identifié le gène responsable de l’homosexualité masculine), Time Magazine lui a consacré sa couverture le 25 octobre ainsi que le 29 novembre, et le Washington Post une page entière le 13 novembre.
Une spiritualité… chimique ?
Dean Hammer est catégorique : la Foi de l’Homme se réduirait à une caractéristique présente sur un simple gène, identifié sous l’appellation VMAT2. « La capacité à ressentir une forme de transcendance personnelle apparaît directement en rapport avec un seul changement sur une seule base au milieu de ce gène » confirme le biologiste moléculaire, qui a fait cette découverte en comparant le patrimoine génétique de personnes pieuses avec d’autres n’ayant aucun attrait pour le phénomène de religiosité. Les individus les plus « spirituels » présentaient selon Dean Hammer la même variation sur le gène VMAT2. En résumé, les êtres humains disposant de cet agencement génétique particulier seraient prédisposés à croire ; Jésus-Christ, Allah, Bouddha, le choix de la religion ne serait ensuite qu’une question d’environnement culturel. La théorie du chercheur américain ramène le phénomène de croyance en Dieu à un simple processus chimique, la notion d’âme n’ayant en réalité aucune influence sur notre religiosité. Une forme de « comportementalisme génétique » ; ce sont les gènes impliqués qui prédétermineraient la plupart des caractéristiques d’un individu : ses préférences sociales, alimentaires, sexuelles… et sa foi !