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Nous en avons tous fait l’expérience un jour ou l’autre : nous sommes incapables d’imaginer, d’évoquer notre propre mort. Quelque chose en nous admet plus ou moins cette éventualité, mais nous ne pouvons cependant pas nous la représenter intérieurement. La personne qui apprend sa mort programmée passe par différentes étapes menant de la révolte à la résignation, et dans le meilleur des cas, à l’acceptation. Cependant, si elle règle ses affaires en vue de son départ, elle ne possède aucune certitude sur ce qui l’attend vraiment. Cette connaissance ne figure pas dans la mémoire de son cerveau. Cette personne, cette personnalité, n’a jamais fait l’expérience de la mort. L’individu peut disposer d’informations sur ce passage, avoir consulté des documents, entendu des témoignages : jamais pourtant la trace de cette expérience ne s’est inscrite dans son corps. La naissance, même vécue par un système nerveux immature, est un fait avéré, enregistré. La mort demeure une énigme. Et chacun la résoudra le moment venu … sans avoir appris à le faire. Il n’est nullement surprenant que le cerveau se montre différent de ce qu’il fut en abordant cette phase. Mais tout comme pour un accouchement, il dispose d’un programme qui déclenche des réponses spécifiques dans cette situation. Les sens s’éteignent peu à peu ; on sait que le dernier à disparaître est celui de l’écoute. Pour cette raison, médecins et infirmières aujourd’hui continuent à parler au patient, même inconscient, même paralysé : écoute et conscience sont liées.