s'abonnerDepuis une petite dizaine d’années, la neuroscience ne cesse d’innover en explorant l’organe le plus complexe du corps humain : le cerveau. Les électrodes sont implantées sur ou au cœur de notre système nerveux central afin de prendre le relais et de corriger certaines défaillances. C’est ainsi que la vie d’Erik Ramsey, un jeune américain de 25 ans a commencé à changer. Victime du « locked-in-syndrom » suite à un accident de voiture en 1999, le jeune homme n’a plus qu’un seul moyen pour communiquer : regarder vers le haut pour acquiescer, vers le bas pour refuser. Seuls ses muscles oculaires répondent aux ordres de son cerveau. Sa rencontre avec le docteur Philipp Kennedy, chercheur en biomatériaux et créateur de la société Neuralsignals, a été déterminante. Il lui propose d’intégrer un groupe de volontaires pour un essai clinique révolutionnaire : l’implantation dans le cerveau d’une électrode de quelques millimètres dans l’hémisphère gauche au niveau du cortex moteur de la parole. L’objectif est simple : capter les ordres envoyés par les neurones aux muscles de la parole et les transformer en son via l’interface d’un ordinateur. Franck Guenther, neuroscientifique et spécialiste de la voix à l’université de Boston, estime qu’une quarantaine de neurones sont en contact avec l’électrode et que ce nombre suffit à capter le signal émis par le jeune homme pour prononcer une voyelle. Car c’est là que réside tout le caractère inédit de l’expérience : traduire les pensées en son en travaillant uniquement sur les voyelles. Quand Erik Ramsey pense à une voyelle, les influx électriques sont captés par l’électrode qui les transmet à un ordinateur pour les décoder. Les informations sont ensuite transmises au synthétiseur vocal qui réagit en moins de 50 millisecondes à la pensée du jeune homme ! C’est la fin de neuf ans de silence pour Erik Ramsey.