s'abonnerLe Monde de l’Inconnu : Vous êtes psychologue. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser aux maisons hantées et aux poltergeists ? Joachim Soulières : Je suis venu à ces études non pas suite à un vécu personnel, mais par une série de rencontres. Je me positionne vraiment du côté d’un intérêt scientifique qui m’a pris alors que j’étais à l’Université de Montréal, où j’ai eu comme professeur le psychologue Louis Bélanger. Il nous introduisait à la « psilogie », l’équivalent de la parapsychologie scientifique. Bélanger avait lui-même réalisé ses études en Allemagne sous la direction de Hans Bender, le chercheur qui a légitimé l’investigation scientifique de la hantise. Ensemble, ils avaient mené plusieurs enquêtes sur des lieux réputés hantés, généralement pour répondre à des appels à l’aide. Au départ, j’ai trouvé très regrettable que des scientifiques croient à ces boniments et « chassent les fantômes ». J’en suis revenu ! Mais j’ai longtemps partagé les préjugés de la majorité des gens. Il y a eu aussi un deuxième type de rencontres. Dès que j’ai parlé de ces recherches autour de moi, certains de mes collègues étudiants commencèrent à me raconter leurs expériences étranges. D’une certaine façon, c’était là, à côté de moi, depuis longtemps, mais il a fallu tendre l’oreille pour s’en rendre compte. Et le plus surprenant est que ces premiers récits provenaient de personnes qui étudiaient la psychologie à l’université !