s'abonner« L’intelligentsia savante incrédule et sceptique s’employa coûte que coûte à fournir à ce miracle, difficilement attribuable à quelque état supérieur de conscience, des explications visant à le normaliser »
« Un vieil Hindou entra un matin dans le camp. Il portait un petit panier, une longue corde assez épaisse sur l’épaule et deux petits garçons l’accompagnaient… Il jeta subitement l’une des extrémités de la corde en l’air : celle-ci resta rigide, sortant de sa main, comme tirée vers le ciel par une autre main invisible. Un des garçons grimpa le long de cette corde, à la force des poignets… Je l’ai vu, je vous l’affirme ».
Tour de magie ou miracle oriental ?
Telle est la première phase du fameux “tour de la corde pendue” racontée par un sergent du régiment anglais des East Surreys, publiée en 1919 par le Daily Mail, et qui intrigua tant l’Occident. « Le maître rappela à trois reprises le garçon monté en haut de la corde, mais n’obtint pas de réponse. Il se saisit alors d’un couteau, grimpa le long de la lanière et disparut à son tour. Puis il jeta d’en haut sur le sol la main du garçon, ensuite son pied, puis l’autre main, puis le tronc et enfin la tête… » (récit d’un géographe marocain, Ibn Batouta, datant du milieu du 14ème siècle). Après cet exercice de tronçonnage rendu plus spectaculaire par des giclées de sang, se déroule le clou du spectacle, à savoir le ‘raccommodage’ de l’enfant : « Le magicien ramassa les morceaux et les réunit sous sa robe. Peu de temps après, il souleva sa robe et le petit garçon en sortit intact, sous les yeux de tous » (emprunté au témoignage d’un prince hindou). Ce ‘miraculeux événement’ de la corde indienne, tel que décrit ici, le fut pour la première fois par Marco Polo, mais on a affirmé qu’il existait en Inde il y a plus de 1000 ans ! Des voyageurs contemporains en pays exotiques du début du 20ème siècle en ont rapporté la description, mais souvent beaucoup de temps s’était écoulé entre le moment où ils ont assisté à la performance de la corde indienne et celui où ils l’ont relatée, si bien qu’on les a taxés d’exagération. Il est vrai que la corde pendue du ciel avec le dépeçage d’un enfant suivie de sa résurrection a placé le prodige au rang de miracle oriental du plus étonnant effet. N’y fallait-il pas voir là une variation sur les deux thèmes classiques mythiques du cordon astral reliant le ciel à la terre et de la résurrection d’entre les morts ? Pas étonnant que le mythe soit devenu aussi fameux…