s'abonnerC’est Eddington qui attribue, en 1929, une flèche au temps. Elle présuppose l’existence d’un cours du temps bien établi dans lequel certains phénomènes sont orientés de façon irréversible. Au sein de ce mouvement linéaire, un événement succède à l’autre. Mais, cette vision n’a franchement plus la côte aujourd’hui. Simon Saunders, philosophe de la physique à Oxford, écrit d’ailleurs à ce propos : « La signification du temps est devenue une question terriblement problématique dans la physique contemporaine ». De son côté, Carlo Rovelli, physicien italien spécialiste de gravité quantique, énonce sans ambages : « On ne voit jamais le temps. Nous voyons seulement son effet dans nos montres. La question est : le temps est-il une propriété fondamentale de la réalité, ou juste l'apparence macroscopique des choses ? Je dirais qu'il s'agit uniquement d'un effet macroscopique. C'est quelque chose qui émerge uniquement pour les gros objets, c'est-à-dire tout ce qui existe au-dessus de l'échelle de Planck. Pour le dire simplement, le problème est que le temps pourrait ne pas exister au niveau le plus fondamental de la réalité physique ». Or, il se peut que le rêve ouvre une porte d’accès direct à cette échelle subatomique. Exactement là où les repères admis perdent toute existence, nous plaçant immobile au centre de la roue du Tao, autour de laquelle défilent sans fin des évènements probabilistes. Dans ces conditions, le mot même de « prémonition » est impropre puisque qu’il n’existe ni avant, ni après… la vision est immédiate, affranchie de toute temporalité. A ce stade, une autre question se pose néanmoins : l’information saisie est-elle inéluctable, ou seulement possible ? Voilà un gouffre d’interrogations capable de faire passer bien des nuits blanches…