Suaire de Turin
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Un faux pour l’opinion publique


Tout ceci ressort de l'étude du chanoine Chevalier et des travaux qui ont suivi. Je ne résumerai pas ici l'ensemble de ces arguments historiques, forts et cohérents, qui vont tous dans le sens du faux, parce qu'on peut en prendre connaissance dans le livre d'André Marion et Anne-Laure Courage : "Nouvelles découvertes sur le Suaire de Turin", (Albin Michel, 1997). Cet ouvrage – qui se lit très facilement - constitue le document scientifique de base pour qui s'intéresse au Suaire de Turin. Néanmoins, aussi poussée et rigoureuse qu'elle soit, la recherche historique sur l'âge d'un objet n'apporte que de fortes présomptions. Pour qui veut se rapprocher davantage de la certitude, il existe une méthode physico-chimique dite du "carbone 14". On en passa par là en 1988, et les mesures effectuées alors par trois laboratoires indépendants, disposant chacun d'un échantillon du tissu, débouchèrent sur une conclusion apparemment définitive : la date de fabrication du Suaire de Turin est comprise entre 1260 et 1390. La discussion semblait close et l'idée selon laquelle le Suaire de Turin est bien un faux datant du Moyen - Âge est désormais très répandue y compris dans la presse.

Les lacunes de la datation au carbone 14
On ne peut pourtant en rester là, car même si le grand public ne le sait pas, les résultats de la datation au carbone 14 ont été sérieusement remis en cause sur le plan scientifique. Les arguments avancés par les contestataires s'appuient essentiellement sur deux remarques. D'abord, on trouve dans les mesures publiées par les trois laboratoires une bizarrerie mathématique qui ne devrait être présente que si les échantillons utilisés n'avaient pas la même provenance. Cela est indiscutable, et a été mis en évidence par plusieurs mathématiciens spécialisés : cela suffit évidemment pour s'interroger sur la fiabilité de l'intervalle 1260-1390. Ensuite, trois experts en textiles anciens ont repéré un raccommodage couvrant en partie les échantillons (la proportion de la surface couverte par ce raccommodage étant différente d'un échantillon à l'autre), et l’on sait que depuis qu'il a été vu pour la première fois en 1357, le Suaire a bien été raccommodé à plusieurs reprises, notamment au XVIe siècle. Si on veut être audacieux, on va penser que la date 1260-1390 est en quelque sorte une « moyenne » résultant de mesures effectuées sur une partie du tissu très ancienne et d'autres mesures provenant du raccommodage. Certains chercheurs sont même arrivés à la conclusion suivante : si la partie raccommodée date du XVIe siècle, alors la partie d'origine du Suaire ne peut que dater approximativement du premier siècle de notre ère, soit effectivement de l'époque du Christ.

Un pan entier des mystères de l'Histoire est-il en train de s'éffondrer ? Longtemps sujette à des débats virulents, la question de l’authenticité du fameux Suaire de Turin oscille selon les interlocuteurs entre fascination et mépris. Selon Yves Lignon, de nombreux éléments d’étude au sujet de l'histoire mystérieuse du Suaire de Turin, souvent ignorés du grand public à cause de la désinformation générale qui englobe ce sujet, assoient solidement l’hypothèse selon laquelle le Suaire de Turin aurait bel et bien servi à envelopper le corps du Christ après sa mort !