s'abonnerLe christianisme s’étend sur une grande partie de notre territoire dès les premiers siècles de notre ère, et les nouveaux dogmes vénérant le Christ s’installent progressivement dans la conscience collective. Mais étant uniquement basée sur une image patriarcale de Dieu et de son fils, la plupart des convertis au christianisme vont continuer à pratiquer le culte de la Déesse. L’Eglise officielle réfléchit alors à un moyen d’introduire cet élément féminin dans ses propres dogmes pour harmoniser les croyances : la vierge Marie va alors « hériter » de tous les pouvoirs des divinités détrônées. Le culte de Marie permettra donc de pallier les cultes des anciennes « Déesses-Mères ».
La bataille de l’Eglise contre la Déesse
Cependant, au 4è siècle, plusieurs « foyers de résistance » continuent d’adorer la Déesse Originelle, et certains membres de l’église officielle s’inquiètent également du culte de la vierge Marie, censé remplacer ces hommages aux déesses primitives. Saint Epiphane mettait ainsi en garde la chrétienté contre cette solution de traiter Marie en déesse, car cela préservait tout de même la survivance du culte païen primordial. « Que Marie soit honorée, mais que le Père, le Fils et le Saint-Esprit soient seuls adorés » conseillait-il alors. Le Concile d’Ephèse de l’an 431 fut une tentative de l’Eglise d’essayer de régler définitivement le problème : elle décréta autoritairement Marie, Mère de Dieu, une appellation empruntée à certaines déesses archaïques que l’on appelait déjà « Mères des Dieux ». Mais le « piège » de cette définition est subtil : on accorde à Marie tous les attributs de La Déesse, mais tout en prenant soin de lui ôter ses qualités de fécondité et de fertilité, l’enfantement étant spirituel dans le christianisme. Cet élément de confusion, destiné à rallier des adorateurs de la Déesse primitive, fonctionna à merveille et le Culte de la Déesse perdit de l’ampleur, tandis que le christianisme connaissait une croissance exponentielle jusqu’au Moyen-Age.