s'abonnerLes textes Naacals dérouleraient une succession de schémas démontrant la façon dont les Forces Sacrées opèrent dans la matière. Pour cette civilisation, le Soleil possède un centre en fusion qui se frotte à une croûte plus dure, engendrant une énergie qui se libère suivant une courbe d’ouest en est – à ce propos, Churchward se tourne vers les scientifiques car le fait l’étonne lui aussi -. Ce rayon courbe vient alors frapper la Terre. En retour, celle-ci émettrait un rayonnement en direction du Soleil. Les deux astres travailleraient donc ensemble, l’un régénérant l’autre dans un mouvement continuel ! Mais il y a plus étonnant : il existerait un autre Soleil, le vrai qui est invisible et qui anime celui que nous percevons : selon cette cosmogonie, notre soleil visible est… froid. Selon la terminologie Naacal, du vrai Soleil émane la Force de Vie. Par un enchaînement logique, la matière serait constituée d’une sorte d’étoile à 4 branches nommée « quatre en un », analogue à un électron. Une force magnétique fait tourner l’atome jusqu’à son épuisement et à son expulsion. Dans le vivant, les atomes épuisés sortiraient par la peau au moyen de l’eau. Cet élément jouerait donc un rôle capital dans la propagation de l’énergie vitale. Poursuivant sa démonstration, Churchward explique que le Déluge était un cataclysme logique visant à préparer la croûte terrestre à développer une nature encore plus riche. A la fin de l’ère tertiaire, le magnétisme du soleil attira le pôle au vrai nord, brisant les glaces qui s’abattirent en déferlantes sur l’hémisphère nord tandis qu’un mouvement inverse déversait des trombes d’eau depuis le bas de cet hémisphère, tuant les animaux sibériens de l’époque. Que pense la science actuelle de ces théories ? Le premier doute concerne les fameuses tablettes Naacals : seul Churchward les étudia… elles furent ensuite soigneusement remisées dans le monastère du sage. L’archéologue amateur commit aussi des erreurs géographiques, situant Tihuanaco au Pérou alors qu’elle se trouve en Bolivie, ou mentionnant différents lieux de dépôt des précieuses tablettes Naacals, en Inde ou au Tibet… D’autre part, les bouleversements géologiques de l’ère tertiaire se sont produits alors qu’aucune présence humaine n’a été attestée, du moins pour l’instant. En outre, le bassin océanique où aurait sombré Mu est bien antérieur à l’ère tertiaire, puisqu’il a été daté de l’ère primaire et déjà, les formes de vie de cet endroit étaient très diversifiées. D’autres tenants de la théorie de Mu sont eux aussi désignés comme des personnes scientifiquement peu crédibles ; c’est le cas d’Auguste Le Plongeon ou de l’abbé Brasseur de Bourbourg dont la traduction du « Codex Troano » provoque de sérieuses contestations. Quelques scientifiques concluent que nous ne disposons d’aucune preuve justifiant une catastrophe d’aussi grande ampleur ; par exemple, au 18e siècle, un théologien nommé Johann Reinhold Forster voyait dans les crêtes déchiquetées de la Polynésie les vestiges de Mu, thèse qui n’a jamais pu être confirmée. Plutôt qu’un phénomène d’explosion dû à des poches gazeuses, l’impact d’une comète géante qui aurait modifié la terre figure parmi les hypothèses plausibles. La disparition d’un continent a très bien pu se produire à une époque très ancienne : on sait combien la région est instable en raison des activités volcaniques qui s’y déroulent. Des chercheurs considèrent possible une civilisation prodigieuse recourant à des techniques inconnues : mentionnons les statues « Mogwaï » et le complexe cultuel de l’Ile de Pâques, des monuments colossaux ou des routes dallées à la perfection, des édifices impressionnants situés à des distances importantes de carrières … Parallèlement, les traditions de nombreux peuples se rejoignent alors qu’ils n’ont pas pu établir de contacts, comme celle d’un déluge d’eau et de feu qui aurait tout fait disparaître à la surface de la terre ou celle d’habitants à la culture très avancée qui auraient brutalement péri dans une catastrophe. L’étude des langues de ces ethnies révèle aussi de curieux points communs.