s'abonnerSi Pétra la capitale est automatiquement associée aux Nabatéens, Hégra est longtemps restée dans l’ombre alors qu’elle est la troisième ville de la Nabatène. Située dans une vallée plane, Hégra était en partie une zone résidentielle protégée par des remparts en terre, proche d’une oasis et d’une grande et majestueuse nécropole (une centaine de tombeaux creusés dans le grès). Contrairement à sa célèbre cousine, Hégra est particulièrement bien conservée et porte encore sur ses monuments de nombreuses traces du passage des Nabatéens, preuve qu’ils ont occupé la ville de l’an 1 jusqu’au 4ème siècle après J-C. Le site est préservé et présente un grand intérêt pour les archéologues qui ont pu l’étudier lors de plusieurs missions entre 2001 et 2005. De nombreuses inscriptions en nabatéen ont été laissées sur les monuments de la nécropole. Elles indiquent le nom des constructeurs et des défunts. « Le nabatéen, écriture dérivée de l’araméen, est l’ancêtre direct de l’écriture arabe. Des écritures transitoires entre le nabatéen et l’arabe ont été observées sur d’autres sites archéologiques, mais c’est la première fois que nous en voyons à Hégra » précise Laïla Nehmé*, chargée de recherche au Laboratoire des études sémitiques anciennes du CNRS. Contrairement à l’architecture présente à Petra, les façades des 140 tombeaux sont d’une grande sobriété : une simple corniche domine les entrées, les intérieurs sont d’une grande simplicité. Ce minimalisme a d’ailleurs donné le nom à un style architectural, le type « Hégra ».
Image : UNESCO
* extrait du journal du CNRS et de l’article « Hégra, la cité méconnue » de Charline Zeitoun