La première énigme qui s’est imposée au chrétien que je suis fut l’absence totale d’informations historiques sur le Jésus des Evangiles et des Actes des apôtres. Pourtant l’un et l’autre nous montrent un homme qui a déplacé des milliers de personnes (voyez le miracle de la multiplication des pains et des poissons !), jusqu’à son procès qui impliqua les plus hautes autorités romaines et juives. Malgré cela, les archives de Rome n’ont rien enregistré, pas plus que les commentaires de la Mishnah où est consignée l’activité subversive des hérésiarques opposés au Sanhédrin. Les archives vont de l’an 40 avant notre ère jusqu’à l’an 237 de l’ère chrétienne et, à notre plus grand étonnement, il ne s’y trouve aucune mention d’un prophète du nom de Jésus. Par contre le Talmud ou les toledoth plus tardifs, vestiges de très anciennes sources, décrivent un Jésus né entre 99 et 93 avant notre ère.
Flavius Josèphe, l’historien le plus qualifié en matière de sectes religieuses, né en l’an 37, c’est-à-dire juste après la crucifixion supposée de Jésus, l’ignore totalement. Il nous parle pourtant de Jean Baptiste qui en était soi-disant le précurseur ! Même silence de la part de Philon d’Alexandrie, de Suétone, Tacite, Sénèque, Pline le jeune et de tous les autres historiens. L’hypothèse est donc que si Jésus n’existe pas historiquement au premier siècle, c’est que sa naissance a eu lieu antérieurement, comme l’affirme le judaïsme. Il me fallut donc impérativement trouver d’autres sources en Israël. Cette seconde source fut reçue au cours d’un rassemblement des initiés druzes à Tibériade. À cette occasion, j’appris par l’un d’eux que Jésus était né en l’an 105 avant notre ère, ce qui allait dans le sens du Talmud. Mais ce qui déclencha mon désir d’approfondir cette enquête, ce fut qu’Annie Besant, Présidente pendant un temps de la Société Théosophique, donnait une date en tout point similaire. Pour autant, je n’avais pas encore assez d’éléments pour me permettre d’être affirmatif.