Premières infos de Venus
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Enigmes dans l’atmosphère vénusienne...


La découverte de cet incroyable vortex double mise à part, l’atmosphère de Vénus réservait d’autres surprises de taille aux chercheurs, notamment au niveau de la morphologie complexe de son système nuageux. Sans cesse perturbée par des vents violents, l’atmosphère de Vénus est composée de différentes strates, et a la particularité de présenter des bandes sombres dans lesquelles les rayons ultraviolets sont absorbés par une substance... inconnue. « Comprendre ce qui est à l'origine de telles marques UV et ce qui intensifie autant le pouvoir d'absorption est un des objectifs principaux de Venus Express. Nous avons maintenant la certitude de pouvoir les observer, nous allons donc tenter de comprendre quelle est leur source. En raison de cet important pouvoir d'absorption, les marques UV représentent une étape cruciale dans la compréhension de la balance thermique de la planète et de la dynamique de l'atmosphère » ajoute Wojciech J. Markiewicz, de l'institut Marx Planck, et responsable en charge de la caméra VMC. Autre fait marquant : l’épaisseur de l’atmosphère s’étend sur plus de 90 kilomètres sous forme de brume opaque, alors que les données avant la mission assuraient qu’elle ne dépassait pas les 60 kilomètres. « Nous sommes particulièrement étonnés de voir à quel point le gaz brumeux peut être opaque. En fait, aussi bien sur Terre que sur Vénus, il est possible d'observer, à 20 km d'altitude, des gouttes d'acide sulfurique. Sur Terre, il est bien connu que leur origine est volcanique. Nous nous demandons si sur Vénus, où les gouttes forment même des petits nuages, l'origine est identique » explique Jean-Loup Bertaux, du Service d'Aéronomie du CNRS.

Les données en provenance de la sonde Venus Express continuent d’arriver en masse sur les ordinateurs des scientifiques de l’agence spatiale européenne. D’autres révélations sont attendues, tant la structure de l’atmosphère vénusienne et sa composition chimique sortent des modèles ordinaires. Nul doute que la mystérieuse Vénus n’a pas fini de faire parler d’elle !

La sonde européenne Venus Express, lancée par l’ESA le 9 novembre 2005 de Baïkonour, est sur son orbite finale depuis le 7 mai au terme d’un voyage de 400 millions de kilomètres. Les instruments embarqués commencent à délivrer les premières données concernant Vénus, une planète que l’on compare souvent à la Terre car elle dispose d’une masse et d’une taille similaires. Le Monde de l’Inconnu revient sur les informations les plus surprenantes et décrypte les premières analyses et hypothèses scientifiques qui visent à mieux comprendre la curieuse destinée de Vénus.