s'abonnerL’anonymat est extrêmement difficile à exercer, puisque le nom de domaine demeure l’élément d’identification final. Le système est complexe et opère à tous niveaux par le biais de sociétés généralement privées. Le dernier maillon de la chaîne, le fournisseur d’accès, est techniquement en mesure de surveiller toutes les transactions de ses adhérents. Connaît-on l’utilisation qu’il peut en faire ? Comment peut-on s’assurer de cet usage ? Combien de temps conserve-t-il les informations ? Quels sont les moyens dont disposent les abonnés pour contrôler ses activités ? Du fait qu’aucune législation internationale n’existe en ce domaine, la loi de chaque pays s’exerce sur la base de la liberté d’expression qu’il alloue. Le site de la CNIL est éloquent : une carte du monde révèle la faiblesse de la couverture des droits privés ; rares sont les pays qui garantissent cette protection, et ils se situent surtout en Europe. Les spams, ou messages intempestifs, possèdent une utilité méconnue : certaines bannières n’ont d’autre objectif que de détecter le type de matériel informatique utilisé, sous couvert de publicité. Ces informations servent aux diverses firmes et affinent leur connaissance du marché. En visitant un site, l’internaute laisse une trace sous la forme de son identification. Il n’a pas besoin de répondre à un message : ses données sont repérées, et il peut ainsi être recontacté aisément. Sa boîte aux lettres virtuelle sert par exemple de cible à des envois non sollicités. Microsoft dispose de recours très insuffisants pour bloquer ces courriers. Les règles de message peuvent être déjouées et déverrouillées par des programmes spéciaux élaborés par les sociétés commerciales. La création d’une boîte de réception de « messages indésirables » ne règle pas le problème, car les envois sont dûment reçus et doivent ensuite être effacés.
... et des sociétés sans scrupules
Certains sites « crapuleux » vont jusqu’à altérer sciemment le contenu de leurs messages en modifiant des lettres dans le nom des produits qu’elles proposent. Ainsi, la règle de message supprimant un texte à la lecture d’un nom d produit ne pourra pas s’appliquer et le message s’affichera malgré tout dans la boîte de réception, car le système ne reconnaîtra pas le nom tronqué. Le nom de domaine de l’émetteur est également occulté : à sa place s’inscrit une identité fictive qui change à chaque envoi, rendant ainsi impossible le refus de réception d’après le nom de l’expéditeur. Parfois même, l’adresse de la société vient directement – et discrètement – s’ajouter au carnet d’adresses du destinataire, à son insu. Enfin, ces sociétés irrespectueuses s’échangent leurs fichiers et l’internaute devient la cible d’une attaque massive. En raison du faible coût d’envoi de ces courriels, ces entreprises multiplient donc leurs occasions de réaliser des affaires. Même si l’internaute a spécifié à sa société de services sur Internet qu’il ne désire pas figurer sur la liste des abonnés dont les coordonnées peuvent être communiquées à d’autres entreprises, la simple visite d’un site déclenche une identification à des fins commerciales. Les programmes anti-spam ou « dispositifs techniques de filtrage » doivent être constamment remis à jour à l’instar des anti-virus. Cependant, les sociétés de moteur de recherche cherchent à diversifier leurs offres en proposant des services de messagerie individualisée tels qu’une boîte aux lettres virtuelle… moyennant une plus grande ouverture aux possibilités de spams. En effet, si le service est gratuit, il exige que soient levées certaines barrières telles que l’indice de sécurité protégeant le visionnage de photos ou d’images, par exemple. Certains dispositifs, nommés FAQ ou « Frequently Asked Questions » (les questions les plus souvent posées), constituent un vivier idéal pour obtenir de nouvelles coordonnées. Généralement destinés aux novices lors de forums en ligne, ils regroupent les questions les plus souvent posées en présentant les réponses. Ce système répond à l’objectif « gagnant-gagnant » des méthodes commerciales : chacun y trouve son compte…